Le marché des imprimés de communication est fragmenté : en Europe, la filière compte environ 110 000 entreprises d’imprimerie, dont 95 % emploient moins de 20 salariés (Intergraf, fédération européenne de l’industrie graphique). Pour une marque ou une enseigne, cela signifie concrètement qu’une production (PLV, brochures, catalogues, packaging) mobilise souvent plusieurs fabricants spécialisés à coordonner soi-même. C’est ce vide que cherche à combler le print management : confier le pilotage de ces achats et de cette production à un interlocuteur dédié.
Mais « pilotage » ne prend pas qu’une seule forme, et les offres du marché ne se ressemblent pas. On peut acheter en direct chez un imprimeur, passer par un courtier ou une centrale d’achat, ou confier l’ensemble — conception comprise — à une agence de pilotage. Mayence, par exemple, propose un service print management à part entière qui coordonne conseil, achats, production, qualité et logistique. Le choix du modèle conditionne ensuite les critères de comparaison : il n’existe pas de « meilleur prestataire » en soi, mais un modèle et des critères adaptés à votre situation.
Quels modèles de prestataire print management existe-t-il ?
Quatre grandes organisations couvrent l’essentiel du marché. Le tableau ci-dessous les situe en une ligne. Attention : la frontière est souvent poreuse, et un même acteur en combine parfois plusieurs.
| Modèle | Principe | Ce qu’il prend en charge |
|---|---|---|
| Achat direct (imprimeur) | Commander à un fabricant qui produit | La production d’un support, sans pilotage global |
| Courtier / intermédiaire | Négocier des prix entre vous et des fabricants | Des tarifs, sans conception ni coordination de bout en bout |
| Centrale d’achat | Regrouper les volumes de plusieurs clients | Des conditions tarifaires sur des segments précis |
| Agence de pilotage (print management) | Coordonner conception, achats, production, qualité, logistique | Un interlocuteur unique sur l’ensemble du dispositif |
Ces modèles ne sont pas des synonymes : ils correspondent à des périmètres de responsabilité différents — fabriquer, négocier, regrouper ou piloter. Le « print management » de la production d’imprimés de communication est aussi à distinguer des Managed Print Services (MPS), qui gèrent les parcs d’imprimantes bureautiques : voir ce qui sépare les deux sens.
Comment choisir le modèle adapté à votre situation ?
Trois facteurs orientent la décision : la complexité de vos supports, votre besoin de coordination et votre budget de pilotage.
- Supports simples et volume limité : l’achat direct chez un imprimeur suffit souvent. Vous gardez la main sur une production ponctuelle, sans couche de coordination supplémentaire.
- Volumes réguliers, plusieurs fabricants : un courtier ou une centrale d’achat peut améliorer vos tarifs en regroupant des volumes. En revanche, personne ne pilote votre production de bout en bout : la coordination vous reste.
- Volumes étendus, supports diversifiés, image de marque à protéger : une agence de print management (conception et pilotage comprises) réduit le nombre d’interlocuteurs et sécurise la cohérence de l’ensemble.
Il n’existe pas de seuil universel qui dise « en deçà, pas de print management » : la pertinence dépend surtout de la charge de coordination, pas seulement du montant dépensé. Le choix du modèle est aussi une question organisationnelle : cherchez-vous un acteur qui exécute, ou un acteur qui organise et contrôle ?
Quels critères pour choisir votre agence de print management ?
Indépendamment du modèle, ces critères constituent une base commune de comparaison :
- Adéquation à votre contexte : le prestataire traite-t-il le type d’organisation, de secteurs et de supports qui vous ressemblent ?
- Compétence technique : maîtrise-t-il les formats, matières, finitions et techniques de vos productions, et sait-il conseiller plutôt que seulement exécuter ?
- Transparence du sourcing et des prix : qui sélectionne les imprimeurs, sur quels critères, et quelle visibilité avez-vous sur ce qui est facturé ? L’indépendance et la transparence se vérifient, elles ne s’affirment pas.
- Capacité qualité et cohérence : comment les lots sont-ils contrôlés, et comment la cohérence graphique est-elle tenue d’une production à l’autre ?
- Références et résultats démontrés : des cas comparables au vôtre, avec une méthode de mesure explicite.
- Conditions économiques : mode de rémunération du service, séparation entre honoraires et budget de fabrication, et données nécessaires à un chiffrage réaliste.
Ces critères ne se valent pas tous : selon votre enjeu (coût, image, délais), vous les pondérerez différemment. L’important est de fixer la liste et la pondération avant de consulter, pour comparer les prestataires sur une base honnête.
Comment comparer des prestataires sur une base commune ?
Quelques principes simples évitent l’écueil du « ressenti » :
- Transmettez la même information à chacun : un même brief, les mêmes volumes, les mêmes échéances. C’est la condition d’une comparaison équitable des prix comme des réponses.
- Demandez les mêmes pièces : références d’organisations comparables, description du processus de production et de contrôle, mode de rémunération détaillé.
- Évaluez les preuves, pas les promesses : interrogez la méthode derrière un « gain » ou une référence — comment vérifier références et résultats.
Quels pièges éviter au moment du choix ?
- Se fier au seul prix ou à une marque : le tarif ne dit rien du pilotage réellement assuré.
- Confondre le niveau de service : fabriquer, négocier, regrouper et piloter sont des responsabilités différentes ; vérifiez ce que l’interlocuteur prend réellement en charge.
- Choisir sans méthode de preuve : une référence trop éloignée de votre contexte ou un résultat non mesuré ne pèsent pas lourd dans la décision.
Combien cela revient-il ?
Le coût du print management se décompose entre la rémunération du service de pilotage et le budget de fabrication des supports — deux postes à ne pas confondre. La dimension économique, les modes de rémunération et les données nécessaires à un chiffrage sont traités à part : voir combien coûte le print management et quels gains attendre.
Ce qu’il faut retenir
Le choix d’un prestataire print commence par le choix d’un modèle : achat direct, courtier, centrale d’achat ou agence de pilotage, qui correspondent à des responsabilités différentes — fabriquer, négocier, regrouper ou piloter. Ce choix dépend de la complexité de vos supports et de votre besoin de coordination, pas d’un seuil de budget universel. Fixez ensuite une liste de critères pondérés (adéquation, compétence, transparence, qualité, références, conditions économiques) et comparez les prestataires sur une base commune et une méthode de preuve. Il n’y a pas de meilleur prestataire en soi : il y a un modèle et des critères adaptés à votre organisation.